Ode au Kilimandjaro

Si j’avais des dons de poète je composerais une ode au Kilimandjaro.

Je commencerais par les nuages. Cette étendue de nuages, vaste, intense et compacte, qui nous empêchait de voir toute montagne lorsque nous sommes arrivés à Moshi. A tel point que nous doutions qu’elle existe.

Puis je décrirais Moshi. Une ville assez jolie mais affreusement poussiéreuse.

J’écrirais également sur les Moshiens, et notamment sur ceux qui travaillent dans le tourisme. Je distinguerais ceux « à l’intérieur » de ceux « à l’extérieur ».

Ceux à l’intérieur s’ennuient dur. Ils sont à la réception d’hôtels, de restaurants ou de cafés Internet et prennent chaque touriste comme une nouvelle condamnation. Le bonjour est hésitant, les réponses peu fréquentes et les sourires inexistants.

Ceux à l’extérieur sont à chaque coin de rue et abordent tout-ce-qui-passe pour proposer randonnées et safaris. Ils prennent les « non » pour des « peut-être » et les silences pour des « oui ». La manière forte n’y fait rien, ils ne comprennent rien et ne lâchent que difficilement leur proie.

Et enfin, je raconterais comment la vue du Kilimandjaro, une fois les nuages évanouis, nous a fait tout oublier. La poussière, les Moshiens, tout semblait illusoire à la vue de cette illustre montagne. Un monument du continent était devant nous et nous ne pouvions que l’admirer.

Mount Kilimanjaro towering above Moshi town